Visite de l'estuaire de la Loire

le jeudi 14 septembre 2004


Cliquer pour agrandir   Notre catamaran
Notre catamaran
Le jeudi 16 septembre, dès potron-minet, c’est à dire vers 6 heures 45, un car démarre du Plessis avec 45 personnes à bord environ. Un autre, avec un nombre de voyageurs équivalent, fait également la même chose mais au départ de Pellouailles. Le but de cette balade est de visiter en bateau l’estuaire de la Loire. Nos amis de l’UNC de Pellouailles ainsi que ceux des clubs de l’Amitié de cette dernière, du Plessis, de Sarrigné, et d’ailleurs… sont du voyage ! Les deux véhicules font leur jonction au Parc des Expositions… et nous nous retrouvons tous à Nantes vers 8 heures 45, au pied de la butte Ste Anne, sur un ancien quai. Le bateau, un catamaran, nous attend et les 94 passagers prennent place, soit à l’intérieur de la grande cabine, soit à l’avant ou à l’arrière du bâtiment. Il fait encore frisquet malgré le soleil qui commence à se montrer. L’équipage est composé du capitaine qui est aussi le timonier et d’un matelot chargé des manoeuvres. Deux guides vont assurer à tour de rôle les commentaires.
L’ancre est levée et déjà nous nous éloignons du quai. Les anciens qui ont connu le port de Nantes autrefois peuvent se remémorer, sans doute avec nostalgie, les grands bateaux à quai, les grues, les entrepôts, les lignes de chemin de fer, la grande animation qui régnait en ces lieux. Le célèbre pont transbordeur à été remplacé depuis longtemps, par un simple ouvrage en béton. Des célèbres constructions navales Dubigeons, il ne subsiste qu’un grand bâtiment qui porte encore à son fronton l’enseigne si renommée.
L’embarcation se dirige vers le port Wilson. La colline rocheuse Ste Anne surmontée des premiers HLM nantais – construits dans les années trente – nous apparaît mieux maintenant. Notre guide indique qu’ils étaient destinés au départ… aux bretons qui venaient à Nantes pour chercher du travail, tiens tiens ! Nantes ne serait donc pas en Bretagne ? nous resterons neutres !
Les Hlm Ste Anne
Les Hlm Ste Anne
  Le quai Wilson
Le quai Wilson
Maintenant le port Wilson avec ses grues et ses entrepôts est là. On y expédie des métaux de récupération, reçoit des agrumes destinés à la région et autres produits assignés à la sucrerie Béghin-Say. Quelques paquebots de croisières y accostent parfois, aussi un projet de reconversion du lieu en quai d’accueil pour ce type de navire est-il en cours d’élaboration. Il est vrai qu’accueillir les touristes au milieu des tas de ferrailles n’est pas d’une très grande élégance !
Notre catamaran fait demi-tour et se dirige vers la rive droite du fleuve afin de commencer la « descente » de l’estuaire. Au passage, nous pouvons voir un ancien bâtiment de la Marine Nationale, désarmé et amarré à demeure, après avoir parcouru probablement le monde. Il est maintenant immobile à jamais. Il sert de musée et on peut le visiter.
De chaque coté du fleuve, en ce début de parcours, il y a des usines et des quais souvent abandonnés.
Notre guide nous précise que l’endiguement provoqué par cette configuration permet un courant assez puissant limitant ainsi l’effet d’envasement dans cette partie de l’estuaire. D’ailleurs cette zone est appelée « endiguée ».
Nous laissons sur notre gauche Trentemoult, Port Lavigne, Bouguenais, sur notre droite se trouvent l’usine SOFERTI spécialisée dans l’industrie chimique, puis la ville d’Indre et l’entreprise USINOR. Situés en face, nous apercevons le bourg de la Montagne ainsi que les ateliers de la DCN qui fabriquent des systèmes de propulsion pour les navires de guerre. Un bac permet de passer d’une rive à l’autre. Toujours à notre droite nous arrivons à Couëron avec sa drôle de tour à plomb. Nous en avions une aussi à Angers, mais bien sûr on l’a démolie pour récupérer des terrains. C’est frustrant ! et puis la nôtre de forme carrée était encore mieux !
La tour à plomb
la tour a plomb de Couëron
  Le quai aux oiseaux
Les oiseaux occupent un ancien quai
La cité du Pellerin apparaît sur notre gauche, encore un bac pour traverser le fleuve. Notre guide nous précise que cet endroit était situé sur une route du pèlerinage de Compostelle, – le nom de la ville provient sans doute de là – en ce lieu, les dits pèlerins attendaient, parfois longtemps, pour passer la Loire. Ici se termine la partie « endiguée » nous dit-on encore.
Voici maintenant la zone dite « intermédiaire », nos guides nous expliquent que l’estuaire commence en réalité là où la marée se fait ressentir, en l’occurrence entre Ancenis et St Florent-le-Vieil… mais qu’en pratique, on dit que c’est à Nantes.
Le fleuve s’élargit, les berges sont constituées de larges espaces plats marécageux et plantés de rosières (ou roselières). De nombreux oiseaux fréquentent ces lieux. Pas d’agglomérations au bord de l’eau comme au début de notre périple.
Dans cette partie de notre estuaire, des îles, des bancs de sables changeants, une platitude prononcée, gênaient la navigation. Aussi un canal fut-il construit pour doubler le fleuve dans cette zone. Nous apercevons sur notre gauche l’écluse de l’entrée du dit canal, c’est le lieu-dit la Martinière qui va d’ailleurs donner son nom à l’ouvrage. Les travaux commencèrent en 1882 et se terminèrent dix ans plus tard. Vers 1905 il n’était plus utilisé car les progrès de la machine à vapeur autorisaient des dragues bien plus puissantes, capables d’entretenir un bon chenal. Les bateaux équipés également de ce moteur efficace virent leur tonnage et tirant d’eau augmentés, de ce fait le canal ne pouvait plus les recevoir. Alors il servit de garage à voiliers et est maintenant intégré au dispositif de drainage et de réserve d’eau douce des anciens marais.
A gauche et au loin, apparaît le clocher de l’ancienne abbaye de Buzay. Les moines avaient reçu en don ces terres très humides. En effet, un seigneur du cru, leur en fit cadeau pour se faire pardonner par le Tout-Puissant quelques fredaines. Le cadeau n’était pas terrible car tout cela ressemblait à une éponge. Mais nos saints hommes retroussaient leurs manches et leur robe de bure – enfin juste ce qu’il faut pour ne pas la mouiller – ils firent des canaux, placèrent des écluses et réalisèrent d’autres ouvrages qui permirent à ses terres de devenir cultivables.
Un bateau sablier
Un bateau sablier double notre catamaran
  La centale de Cordemais
La centrale électrique de Cordemais
Au loin, une grosse masse parallélépipédique accompagnée de grands doigts montrant le ciel, s’esquisse dans le lointain. C’est la centrale électrique de Cordemais qui met de la verticalité dans ce plat paysage. Vue de plus près, le volume est impressionnant. Mais à la question du guide : « à votre avis, quelle est la hauteur de la cheminée la plus grande ? », les réponses les plus hardies parlent de 50 ou 60 mètres ; erreur ! c’est 220 mètres. Le charbon est le combustible utilisé pour produire l’électricité, il arrive par bateaux spéciaux depuis le terminal charbonnier de la zone portuaire St Nazaire-Donges.
Peu de temps après, nous distinguons à gauche la sortie du canal de la Martinière, elle est très envasée… puis c’est Paimbeuf et en face Donges, la partie « intermédiaire » de notre estuaire se termine ici. Cap donc sur le port de cette première ville, nous apercevons des quais quasi déserts, c’est toujours triste de voir un port inanimé.
Paimbeuf était situé sur une île, il y a bien longtemps. Le nom de la ville viendrait du gaulois (ou pré-gaulois) « pen » qui veut dire tête ou extrémité et du normand « budh » qui lui désigne un abri. En résumé, peut-être « le port (abri) situé à l’extrémité de l’estuaire ».
C’était l’avant-port de Nantes. Là les armateurs et officiers de marine possédaient souvent une demeure. Avec l’ensablement de l’estuaire, des navires de gros tonnage, ne pouvaient pas, à certains moments, remonter jusqu’à Nantes. Aussi les marchandises y étaient-elles débarquées et chargées sur des gabares qui s’en allaient vers Nantes, Angers, Saumur, etc.
La ville semble avoir connu son apogée à la veille de la Révolution, les spécialistes estiment à 9000-12000 habitants la population de l’époque, ils notent aussi une activité très importante.
Napoléon fit construire des quais dignes de ce nom, mais quand ils furent terminés, le chenal ne passait plus au sud mais au nord de l’estuaire. Alors Paimbeuf perdit son activité portuaire. On dit que c’est l’ensablement qui a causé l’abandon du lieu. ce fut St Nazaire, petit village, qui prit la relève d’avant-port de Nantes. La construction de la ligne de chemin de fer quasi directe St Nazaire-Nantes, ne doit pas être étrangère à ce choix.
La visite de la ville montre que les rues sont parallèles à la Loire. Seuls quelques petits passages amènent vers le port. Il ne faut pas oublier que les marchandises y transitaient seulement. Les rues sont plutôt étroites. On a l’impression que la ville s’est figée, l’imagination aidant, à la fin du 19e siècle. De belles façades de demeures d’armateurs et d’officiers méritent que l’on s’y arrête. On y remarque aussi une église de style byzantin. Autour de la ville, quelques entreprises donnent une activité économique. La gare et la voie ferrée sont à l’abandon ! il y eu en son temps un train direct entre Paimbeuf et Paris.
Un repas de qualité nous est servi à Viaud – petit village situé à 3 ou 4 kilomètres de Paimbeuf - et vers 14 heures, nous embarquons, cap sur la zone portuaire Donges-St Nazaire ! Nous sommes maintenant dans la troisième partie de l’estuaire, nommée « maritime ».
Les quais de Paimbeuf
Paimbeuf et ses quais
  Bateau basque
Un seul bateau, battant pavillon basque, est à quai
De Donges à St Nazaire, la rive droite de la Loire accueille une longue ligne d’installations portuaires : raffineries ; terminaux méthanier, charbonnier ; plate-forme à conteneurs ; usine d’engrais chimiques ; terminal sablier. Que de grues, de portiques, d’entrepôts, de masses métalliques, de « grosses pompes à essence » ! par contre il n’y a qu’un seul bateau à quai, notre guide nous dit que beaucoup de navires attendent au large, l’ordre d’accostage de l’armateur, qui lui-même guette le meilleur cours pour ses produits ! Après ce sont les chantiers navals avec un gros bateau en construction. C’est un anglais james Scott, qui a lancé cette activité vers 1864. Au passage, nous apercevons aussi les bâtiments de l’Aérospaciale.
Bateau en construction
Un bateau en construction aux chantiers
  Terminal méthanier
Le terminal méthanier
Notre embarcation passe maintenant sous le pont de Mindin-St Nazaire, nous sommes un peu secoués au passage. L’ouvrage est aussi très impressionnant vue de dessous !
Arrivés devant l’ancienne base sous-marine de St Nazaire, nous amorçons un demi tour. La partie « maritime » se termine là, après c’est l’océan. Notre ami Hans qui a vécu ici entre 1942 et 1945, évoque quelques souvenirs alors qu’il était opérateur du télémètre dans un batterie anti-aérienne.
De Donges à St Nazaire, la rive droite de la Loire accueille une longue ligne d’installations portuaires : raffineries ; terminaux méthanier, charbonnier ; plate-forme à conteneurs ; usine d’engrais chimiques ; terminal sablier. Que de grues, de portiques, d’entrepôts, de masses métalliques, de « grosses pompes à essence » ! par contre il n’y a qu’un seul bateau à quai, notre guide nous dit que beaucoup de navires attendent au large, l’ordre d’accostage de l’armateur, qui lui-même guette le meilleur cours pour ses produits ! Après ce sont les chantiers navals avec un gros bateau en construction. C’est un anglais james Scott, qui a lancé cette activité vers 1864. Au passage, nous apercevons aussi les bâtiments de l’Aérospaciale.
Pont de St Nazaire
Vue insolite du pont de St Nazaire
  Ecluse de la Martinière
L' écluse de la Martinière
Retour donc vers Paimboeuf, notre guide nous indique que les sables résultant du dragage du chenal, situé au nord, ont été déversés sur le banc de Bilho qui est s’est transformé en véritable îlot, réserve d’oiseaux. Entre ce dernier et la rive sud s’est constituée une vasière, génératrice de vers et mollusques, servant de nourriture aux volatiles et poissons locaux.
Retour à Paimboeuf, débarquement et installation dans les cars, direction Nantes par la rive gauche de l’estuaire.
Nous faisons une dernière halte à l’écluse de la Martinière qui constitue l’entrée (ou la sortie, c’est selon votre bon cœur ! ) du canal du même nom. Il y a peu, tout cela était envasé et rouillé. Mais une association a réussi a restaurer toute l’installation des écluses. Le bâtiment des machines avec son matériel est aussi remis en état, une exposition y est visible, mais pas pour nous ce jour-là car il était un peu tard.
Et puis ce fut le retour vers Nantes, Angers, le Plessis, Pellouailles et Sarrigné…
Un grand merci et aussi un grand bravo aux organisateurs, tout était parfait dans le déroulement et le choix du programme. En un mot : une belle et bonne journée.

Fait au Plessis-Grammoire le 30 septembre 2004.
Charles Branchereau.